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LETTRE AU RHUMATOLOGUES ET AUX ORTHOPEDISTES

 

Les pathologies fonctionnelles représentent une grande part des consultations médicales. Et dans la grande majorité des cas, aucune explication réellement rationnelle ne peut être fournie au patient afin de lui expliquer la cause de ses douleurs. On trouvera toujours une explication du genre ostéoporose, arthrose, présence d'ostéophyte, petite poussée herniaire au niveau d 'un disque intervertébral, voire "c'est le stress, la fibromyalgie, votre matelas, chaise, voiture etc.". Vous conviendrez que ces réponses à des questions légitimes ne sont qu'un pis aller et que le résultat de l'entretien et de la consultation aboutira à la prescription d'antalgiques, d'anti-inflammatoires, ou de séances de physiothérapie.

 

Une approche différente peut permettre à ces patients d'avoir un soulagement durable, avec ou sans traitement médical d'appoint.

En effet, mon approche de traitement repose sur des concepts de biomécanique, et donc d'anatomie et de physiologie.

Prenons l'exemple typique de la douleur de type sciatalgie.   

Une des branches du nerf sciatique peut être comprimée à sa sortie du trou de conjugaison. Mais elle peut aussi subir cette compression dans son trajet intra abdominal, et entre autre lors de son passage sous le muscle pyramidal, voire à travers celui ci dans certains cas. Une autre possibilité est parfois un spasme unilatéral du psoas, qui fait "pencher" la colonne lombaire d'un côté, accentuant une compression radiculaire sur une petite hernie discale, ou sur un trou de conjugaison un peu diminué de volume par un tassement vertébral. La levée de la contrainte mécanique d'origine musculaire peut ainsi grandement diminuer la souffrance du patient.

Dans ma pratique ostéopathique, je privilégie largement cette approche, et la manipulation ostéo-articulaire n'est fréquemment qu'un complément au traitement.

Je comprends aisément votre réticence vis à vis de l'ostéopathie qui vous parle de mouvement fluidique, d'équilibration de l'énergie et autres concepts empiriques.

Ma formation médicale et mon analyse critique m'interdisent toute affabulation en ce sens. Plusieurs médecins, dont un neurochirurgien et un chef de service adjoint de physiatrie m'adressent régulièrement certains de leurs patients afin d'essayer de trouver une solution antalgique à des cas rebelles ou médicalement inexpliqués. Des résultats parfois spectaculaires s'en sont suivis (mais d'où l'on ne peut jamais non plus éliminer totalement le facteur psycho-somatique). En tout état de cause, l'essentiel étant le soulagement de la souffrance du patient, il n’est pas inintéressant d’envisager une alternative de ce type lorsque la seule solution ne se trouve que dans la prescription de médicaments antalgiques (lesquels ne sont aucunement en contre indication avec la méthode que j’applique, bien au contraire).

© 2010