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CICATRICES CHIRURGICALES ET DOULEURS.

Toute intervention chirurgicale, aussi bénigne soit elle en apparence, réalise une cicatrice. La cicatrisation est, d’un point de vue histologique, une réparation des tissus endommagés,  qui sont remplacés par un tissu fibreux et peu élastique. Il arrive parfois que les cicatrices deviennent hypertrophiques, alors appelées chéloïdes, ou présentent des rétractions et des adhérences.

         Ce qu’il faut comprendre est que ce processus de cicatrisation se fait sur plusieurs couches de tissus, et donc en profondeur. Nous ne voyons que la couche la plus superficielle, qui est sur la peau. Or le chirurgien a sectionné plusieurs couches tissulaires pour arriver à la zone opératoire ciblée, et c’est pourquoi, lors de la fermeture de la plaie, celle-ci se fait en plusieurs plans de suture: viscéral, musculaire et aponévrotique, sous cutané et cutané.

Ces différents plans sont des plans de glissements afin de faciliter le mouvement général des organes. Tout frottement va créer une zone de résistance et de tension, et l’organe touché devra faire plus d’effort pour assumer ses fonctions et ce que vous lui demandez de faire.  

 Adhérences

Votre organisme va donc adapter sa posture et l’utilisation de sa mécanique afin de minimiser ses efforts. A un certain moment (plusieurs mois ou plusieurs années), celui-ci ne sera plus capable de trouver une position de moindre effort non douloureux. Il va alors commencer à émettre des signes algiques au travers des neurorécepteurs qui se trouvent dans les tendons, ligaments et muscles attachés aux structures osseuses. Vous allez commencer à ressentir une gêne puis une douleur sur certaines zones de votre corps.

Nous allons prendre un cas particulier pour illustrer ce phénomène : les conséquences d’une opération de type césarienne.

Dans cette intervention chirurgicale, nécessaire et indispensable, la plaie est cutanée, sous cutanée, musculaire et utérine. Lors de la suture, il y a donc 4 plans de fermeture, qui peuvent tous donner des rétractions et des adhérences, voire se fixer les uns aux autres. On se retrouve donc à terme avec un utérus relativement attiré vers l’avant. Or, celui-ci est relié au pubis en avant, au bassin sur les côtés et au sacrum en arrière. Ce qui va engendrer par la suite des douleurs de type lombalgies basse le plus souvent (sacralgie en réalité), ou parfois des douleurs latéralisées vers la hanche. Le traitement, d’un point de vue ostéopathique, ne sera pas de mobiliser la zone de douleur, mais de redonner de la mobilité au processus cicatriciel afin de minorer les tensions que celui-ci engendre indirectement. Pour imager ces propos, lorsque le mât d’un voilier se courbe, il ne sert à rien de tenter de le tirer dans l’autre sens : lâchez le cordage et il se remettra à sa place……

  Adhérences sur une trompe et sur les ligaments utéro-sacrés

Il est donc très important de penser à ce phénomène cicatriciel lors de douleurs du dos en particulier, et penser qu’une opération somme toute banale comme une appendicite, une ablation de la vésicule biliaire, ou même toute intervention exploratoire de type coelioscopie peuvent engendrer des douleurs à distance.

Le traitement ostéopathique consiste alors à étirer les adhérences, à redonner de l’élasticité aux différents plans de section chirurgicaux et à mobiliser l’organe cible par rapport à son environnement anatomique.

Il est également souhaitable de commencer à traiter les cicatrices de façon précoce (attendre quand même au moins 3 mois après l’opération) de façon préventive.

 

© 2008